Fanny Vialardi di Sandigliano

Profil d'une amazone italienne 


Fanny Enrica Gaspara Tornielli di Vergano naquit à Novara en 1897 et épousa le comte Carlo Vialardi di Sandigliano en 1922. De sa mère, Teresa Voli, qui l'allaita en même temps qu'un chien de chasse, elle hérita l'amour pour les chiens ; de Carlo Vialardi elle hérita la passion des chevaux à une époque où les dames montaient uniquement à la chasse. Elle débuta aux épreuves nationales de Novara en 1924 avec deux sans fautes sur Zumba , une jument saure italienne plus très jeune avec une rosace sur le front. 
A l'époque les concours hippiques qui incluaient des épreuves pour la catégorie des amazones étaient très peu nombreux. Il n'en existait qu'en Angleterre et en France ; on en dénombrait tout juste quelques uns en Italie. L'amazone européenne commençait à monter à « califourchon » tant pour la plus grande facilité d'union entre le cavalier et le cheval - fruit de ce style encore en évolution qu'était la monte à l'italienne - que comme conséquence de l'indépendance sociale que la femme commençait à assumer également dans le sport. 
Le concours hippique international militaire de Nice en 1925, parmi les plus importants du monde, institutionnalisa la présence féminine également dans les concours militaires, en prévoyant, pour la première fois, deux catégories mixtes (Gentlemen, Amazones) et le Prix de Diane avec un barrage, premier championnat féminin du monde. 
Le parcours fut particulièrement difficile : un double oxer, le « parc à bestiaux » réapparu à la Place de Siena en 1996 comme grande nouveauté, et l'imposant mur de Nice qui avait rendu célèbres les éditions antérieures du concours. Après la première manche, chacune ayant monté trois chevaux, Ritournelle et Zaglione restèrent en piste avec trois fautes. Un barrage enthousiasmant sur trois obstacles permit à Zaglione de signer le seul parcours sans faute et Fanny Vialardi di Sandigliano fut la première championne du monde des Amazones. 
Yvonne de la Croix ne l'accepta pas volontiers et même le jury international, composé principalement de membres français et d'aucun membre italien, avec le général Pougin de la Maisonneuve comme Président, considéra qu'il était peu orthodoxe qu'une italienne ait pu obtenir une victoire si nette et si belle. Le maréchal de France Pétain récompensa Fanny Vialardi dans l'enthousiasme de la foule et tous les journaux européens, américains et mêmes orientaux qui avaient donné pour acquis le succès d'Yvonne de la Croix mirent cette victoire en relief. Les plus élogieux furent les anglais et les allemands qui virent enfin se rompre ce halo d'invincibilité que les amazones françaises avaient su maintenir jusque là. 
Fanny Vialardi gagna tout ce qu'il y avait à gagner, montant toujours en amazone : San Remo, Merano, Milan, Garde et Turin, pour ne remémorer que les grands concours. Puis, de la même manière qu'elle y était entrée, elle laissa silencieusement le monde des chevaux, à Stresa, en 1930. 

Comte Tomaso Vialardi di Sandigliano

Copyright pour l'article: Tomaso Vialardi di Sandigliano.

(Traduction Yann Lys) 

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Merano 1925

Nizza 1925

Pinerolo  1919 - 1925

San Remo 1925

Stresa 1929